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Les émissions maritimes arctiques augmentent face aux défis géopolitiques et réglementaires

En un coup d'œil

  • Le trafic maritime arctique a augmenté à mesure que la glace de mer recule
  • Les émissions de carbone noir provenant de la navigation arctique ont augmenté entre 2019 et 2024
  • L'Organisation maritime internationale n'a pas adopté de limites obligatoires pour le carbone noir

L'augmentation de l'activité maritime dans l'Arctique, alimentée par la fonte des glaces marines et de nouvelles routes navigables, a contribué à des émissions plus élevées de carbone noir, un polluant ayant un fort effet de réchauffement. Les efforts réglementaires pour traiter ces émissions sont compliqués par des intérêts géopolitiques et une résistance continue de l'industrie.

À mesure que les eaux arctiques deviennent plus accessibles, le trafic maritime s'est élargi, entraînant des impacts environnementaux plus importants. Le carbone noir libéré par les navires est reconnu pour sa capacité à accélérer la fonte des glaces en absorbant la lumière du soleil lorsqu'il est déposé sur les surfaces de neige et de glace. Les navires de pêche ont été identifiés comme les plus grands contributeurs à ces émissions au nord du 60ème parallèle.

Entre 2015 et 2021, les émissions de carbone noir provenant de la navigation arctique ont presque doublé, tandis que le nombre de navires et les distances parcourues ont également augmenté. De 2019 à 2024, les émissions de carbone noir des navires opérant dans la région sont passées de 2 696 tonnes métriques à 3 310 tonnes métriques. Cette augmentation s'est produite malgré les discussions à l'Organisation maritime internationale (OMI) sur la réglementation de ces émissions.

L'OMI n'a pas mis en œuvre de réglementations contraignantes sur le carbone noir provenant de la navigation arctique, s'appuyant plutôt sur des mesures volontaires. En 2024, une interdiction de l'utilisation de fioul lourd dans l'Arctique a été introduite, mais des exceptions permettent à certains navires de continuer à l'utiliser jusqu'en 2029, réduisant ainsi l'impact immédiat de l'interdiction sur les émissions de carbone noir.

Ce que montrent les chiffres

  • Les émissions de carbone noir provenant de la navigation arctique sont passées de 2 696 à 3 310 tonnes métriques entre 2019 et 2024
  • Le trafic maritime dans l'Arctique a augmenté de 37 % en nombre de navires et de 108 % en distance parcourue entre 2013 et 2024
  • Le carbone noir a un effet de réchauffement jusqu'à 1 500 fois supérieur à celui du CO₂ par unité de masse

Plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, les Îles Salomon et le Danemark, ont proposé que l'OMI exige que les navires opérant au nord du 60ème parallèle utilisent des « combustibles polaires » plus propres. Ces propositions visent à réduire l'impact climatique de la navigation dans la région, mais n'ont pas encore abouti à des règles internationales contraignantes.

Les organisations environnementales ont appelé à des mesures plus strictes. L'Alliance pour un Arctique propre et d'autres groupes non gouvernementaux ont exhorté l'OMI à adopter des exigences obligatoires pour l'utilisation de combustibles polaires dans l'Arctique. Ces appels ont été lancés avant la réunion de l'OMI sur la prévention et la réponse à la pollution (PPR 13) prévue pour février 2026.

Les considérations géopolitiques continuent d'influencer le rythme et l'ampleur de l'action réglementaire. Les intérêts américains au Groenland et la résistance des industries de la pêche établies font partie des facteurs qui ont rendu difficile l'atteinte d'un consensus sur de nouvelles règles environnementales pour la navigation arctique.

Malgré les discussions et les plaidoyers en cours, les émissions de carbone noir provenant de la navigation arctique restent largement non réglementées au niveau international. La combinaison d'une activité maritime accrue, de lacunes réglementaires et d'intérêts nationaux concurrents a contribué à des défis environnementaux persistants dans la région.

* Cet article est basé sur des informations publiquement disponibles au moment de la rédaction.

Sources et pour aller plus loin

Note: Les sources sont en anglais, donc certains liens peuvent être en anglais | Cette section n'est pas fournie dans les flux.

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